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Quelle efficacité accorder aux compléments alimentaires pour la surdité et les acouphènes ?

Info / intox sur l'efficacité des compléments alimentaires pour l'audition


Existe-t-il des compléments alimentaires à même de ralentir la presbyacousie, cette baisse progressive de l’audition ? Des traitements sont-ils aujourd’hui disponibles et efficaces pour ne plus être affecté par des acouphènes ? Autant de questions qui méritent l’avis d’un spécialiste. Pour y répondre, votre magazine 5/5 a rencontré le Docteur Bruno Frachet, médecin ORL à l’Hôpital Rothschild à Paris.

 

Selon vous, pourquoi de plus en plus de compléments alimentaires apparaissent sur le marché en réponse à la surdité et aux acouphènes ?

Tout d’abord, il faut rappeler que les acouphènes et la surdité sont des symptômes fréquents. 4 à 5 % de la population dit ressentir des acouphènes, 16 millions de personnes ont souffert à un moment ou à un autre de phénomènes auditifs et 250 000 personnes s’en plaignent véritablement avec, pour conséquence, une réelle altération de la qualité de vie. Ensuite, les compléments alimentaires sont à la mode. Et comme il n’existe pas de thérapeutique reconnue pour remédier à ces symptômes, en dehors de la compensation par appareillage pour la surdité (70 % des acouphènes surviennent avec elle), il peut être tentant de tester ces compléments alimentaires, d’autant qu’ils bénéficient d’un minimum de contrôle et que la législation leur est plutôt favorable.

 

Vous dites qu’aucune thérapeutique, en dehors d’un appareillage, n’est reconnue pour soulager les acouphènes.

 

  • Dans ce cas, quelle efficacité accorder aux compléments alimentaires ?

En effet, je le répète, et il faut être clair sur le sujet, il n’y a plus, actuellement, aucun médicament indiqué pour la prise en charge des acouphènes, donc pas de remboursement pour cette indication. Or, il faut bien distinguer d’un côté l’acouphène, c’est-à-dire l’intensité, la gêne, et de l’autre les troubles qui y sont associés, c’est-à-dire ce que déclenchent ces acouphènes au niveau de l’individu, comme l’anxiété, la dépression et surtout les insomnies.

 

  • Dans ce cas, sur quoi prétendent agir les compléments alimentaires ?

Ces compléments s’intéressent beaucoup aux radicaux libres* qui peuvent entraîner des dégâts sur l’ADN et, notamment, un dysfonctionnement en matière d’audition. Cette action sur les radicaux libres est un peu le pivot de la prise en charge de la surdité et des acouphènes par les compléments alimentaires. Or, il existe des « piégeurs » de radicaux libres, qui vont faire diminuer leur taux, et ainsi avoir un effet bénéfique. Donc, dans leur ensemble, ces compléments alimentaires se prévalent d’une action anti-oxydante, sur les radicaux libres, et d’effets sur l’anxiété, l’insomnie, et aussi sur la microcirculation sanguine, toujours évoquée comme mécanisme pathologique.

 

  • Quelle est leur composition ?

Selon les compléments, certains sont à base de mélatonine (hormone du sommeil), et d’une ou plusieurs de ces plantes, comme le ginkgo biloba (effet sur la microcirculation et vertus anti-oxydantes), la myrtille et le galanga (riches en antioxydants), ou encore l’eschscholzia (anxiolytique naturel), la mélisse (vertus calmantes et relaxantes), l’aubépine (troubles anxieux mineurs) et la cimicifuga (action sur le système nerveux et le système cardiovasculaire).

 

  • Et leur action est avérée ?

À ce jour, par exemple, il n’existe pas de recommandation qui préconise l’emploi du ginkgo biloba dans le traitement des acouphènes. Et quand un complément prétend restaurer une bonne audition, c’est pour le moins une allégation audacieuse… Finalement, tous ces compléments alimentaires s’adressent parfois aux mécanismes intimes de la production des acouphènes et du vieillissement auditif, et beaucoup aux troubles associés : anxiété, dépression, insomnie.

 

  • Que recommandez-vous alors à nos lecteurs ?

Tout d’abord, je pense qu’il n’est pas sain de juger de l’efficacité des compléments alimentaires sur les quelques avis, bons ou mauvais, trouvés sur Internet. Il est justifié et important de se renseigner, notamment auprès de son médecin traitant ou de son ORL et, surtout, de prendre soin de ses oreilles et de son audition.